Pape Diouf : « Le football est discriminant comme la société »

 

les intervenants groupe

Les intervenants du café Licra, de gauche à droite : Jean-Claude Felon, Clothilde Chapuis, Pape Diouf, Yoan Delmeire et Joël Martin.

 

Le café-Licra est un exercice de débat et de réflexion auquel est déjà largement rompue, la section Bordeaux-Gironde de la Licra, notamment pour avoir créé ce format.

Toutefois, celui qui s’est déroulé ce mardi 14 octobre avait un parfum de nouveauté. Du fait du lieu choisi, d’une part, une salle du restaurant « Chez Fred », place de la Victoire, quartier, plus que tout autre, du cœur de ville, irrigué de multiples vaisseaux. Et surtout en raison du sujet car, après la situation des Roms, l’évocation de la guerre d’Espagne ou l’Histoire de l’esclavage, il abordait une thématique sportive.

Pour traiter de la question du racisme au sein d’un sport universel par excellence, le football, les organisateurs de ce débat avaient fait appel à un grand témoin à la fois extérieur à notre région et d’une incontestable dimension médiatique, Pape Diouf. Surtout connu pour son quinquennat de présidence de l’Olympique de Marseille, ce franco-sénégalais de 63 ans a vu l’essentiel de sa vie d’adulte graviter autour de la Canebière et du Stade Vélodrome, lorsqu’il était journaliste sportif au quotidien « La Marseillaise » puis agent de joueurs.

Jclaude clothilde et pape diouf

Répondant sans détour et avec beaucoup d’aisance aux divers thèmes abordés, de la place du football dans la société à la manière de savoir transformer, pour un homme de couleur, un handicap en atout, en passant par l’extrême difficulté, pour un africain de s’élever dans sa hiérarchie professionnelle au sein d’un pays, la France, à ses yeux souvent frileuse et figée, il a diffusé, tout au long de la soirée, des messages de dignité, de sérénité et de combat pour la reconnaissance du mérite. Sans oublier les indispensables pointes d’humour.

Ce grand sage qu’est Pape Diouf  a offert, avec une grande disponibilité, toute sa générosité à ceux qui ont participé à cette soirée de la Licra. Au cours de ces échanges, conduits par le président de la commission sportive de la Licra 33, Jean-Claude Felon, il était entouré de débatteurs qui ont apporté un contre-point local et à partir de vécus concrets. David Dogat, ancien président du RC Chambéry qui est encore  sous le choc de ce qu’il a vécu avec ses joueurs, a raconté avec minutie et précision, la journée cauchemardesque vécue à Pardies (64) il y a un an, dans le cadre d’un match de coupe de France. Avec son récit, on touchait du doigt le racisme vil, imbécile , haineux tel qu’il peut se déchaîner dans certaines circonstances. Clothilde Chapuis qui intervenait d’abord comme avocate, prit son relais pour narrer les suites judiciaires de « l’affaire de Pardies » et les combats qu’il lui fallut mener pied à pied aux côtés de sa consoeur Marina Rodrigues, par ailleurs présidente de la commission juridique de la Licra Bordeaux-Gironde.

Enfin Yoan Delmeire ancien arbitre fédéral, avec un regard très affûté sur les carences de la formation et sur la composition des instances fédérales, puis Joël Martin, président pour la Gironde, de l’ association française du corps arbitral multisports  et délégué de Top14 et de Pro D2 de rugby, sport jusqu’alors plutôt épargné mais qui connait maintenant un fort afflux de joueurs de couleur, complétèrent ce panel de témoignages.

  • David Dogat
  • Les intervenants
  • Pape Diouf
  • Pape Diouf et Clothilde Chapuis
  • Yoan Delmeire, Joël Martin et Jean-Claude Felon
  • oël Martin, Jean-Claude Felon et Pape Diouf

La soirée s’acheva par une séance de dédicaces du livre de Pape Diouf « Ce n’est pas qu’un jeu ».

 

Jean-Claude Felon

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